
Les investissements dans les technologies vertes sont en croissance malgré les subventions encore engagées dans les technologies "brunes".
Le « Green Transition Scoreboard » 2012 vient de paraître alors que s’approche la Conférence Rio+20 dont un des thèmes principaux est l’économie verte. Intitulé « From expanding Cleantech Sectors to emerging trends in Biomimicry », ce bulletin fournit les données relatives aux investissements mondiaux du secteur privé dans les technologies vertes au cours des 5 dernières années. Cinq secteurs sont pris en compte dans les estimations, soient les énergies renouvelables, les bâtiments durables, les technologies propres, les systèmes intelligents et la recherche & développement. L’édition 2012 intègre également les investissements d’une discipline émergente : le biomimétisme.
Il ressort de cette analyse qu’une transition vers les technologies vertes semble s’amorcer. En effet, entre 2007 et 2012, c’est plus de 3 300 milliard de dollars américains ($ US) qui ont été investis dans les technologies vertes, la plus grande part l’ayant été dans les énergies renouvelables (1 800 milliards $ US). Selon un consensus qui semble se dégager à partir d’études et de modèles informatiques, pour pouvoir assurer la transition verte, des investissements minimaux de 1000 milliards de $ US par année sont nécessaires au niveau mondial. Selon les estimations du présent rapport, cet objectif est en passe d’être atteint, pour atteindre 10 000 milliards de $ US en 2020. Il semble donc qu’après la transition vers les énergies fossiles, nous soyons en train de vivre une transition vers des énergies renouvelables efficaces.
Ce rapport du Ethical Markets Research rappelle les risques que prennent les banques et les investisseurs à soutenir des secteurs qui favorisent les changements climatiques, par exemple celui des énergies fossiles, et à négliger ceux qui promeuvent la transition verte. Certains pays en développement (PED) semblent d’ailleurs l’avoir compris, même si beaucoup de mauvaises pratiques restent à changer. Les PED peuvent aussi compter sur un nombre moindre d’industries basées sur les énergies fossiles, de centrales nucléaires et d’infrastructures obsolètes, ce qui va facilitera l’implantation de technologies vertes par rapport aux pays développés. Les PED ont aussi d’autres avantages, notamment géographiques, comme l’Inde et l’Afrique qui sont riches en ressources solaires.
Les estimations de cette analyse ne considèrent pas les investissements dans les secteurs du captage de CO2, de l’énergie nucléaire, des biocarburants ni des nanotechnologies. Le captage du carbone bénéficie en effet de fonds gouvernementaux, est très onéreux et n’a pas prouvé son efficacité à réduire les émissions des énergies fossiles. L’énergie nucléaire n’est pas considérée comme soutenable si on inclut les activités secondaires telles que l’extraction du minerai, le transport, l’enrichissement, le traitement des déchets et la décontamination des sites. Les biocarburants ne sont pas viables du fait de la compétition qu’ils imposent à l’agriculture à des fins alimentaires, tandis que l’impact des nanotechnologies doit être mieux évalué.
Ce rapport vient renforcer l'idée qu'il est nécessaire d’investir rapidement et massivement dans l’économie verte.
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