
Ruvimbo Mabeza-Chimedza, du Department of Agricultural Economics and Extension du Zimbabwe, a rappelé que 30% de la population sub-saharienne souffrait de faim, 80% vivait dans des zones rurales, 95% des terres agricoles dépendaient de la pluie pour l’arrosage, et les femmes contribuaient pour plus de 75% de la production.
Un milliard de personnes sont sous-alimentées et autant n’ont pas accès à l’eau potable. Dans le même temps, la conversion des forêts en terres agricoles et la demande en eau pour satisfaire ses différents utilisateurs ne cessent d’augmenter. C’est dans ce contexte et celui de l’aggravation de ces problèmes par les changements climatiques, que se sont tenues deux sessions sur la sécurité alimentaire et la sécurité hydrique à Rio, au Forum sur la science, la technologie et l’innovation pour le développement durable qui se tient juste avant la Conférences Rio+20.
Comme l’a rappelé Ruvimbo Mabeza-Chimedza, du Department of Agricultural Economics and Extension du Zimbabwe, 30% de la population sub-saharienne souffre de faim, 80% vie dans des zones rurales, 95% des terres agricoles dépendent de la pluie pour l’arrosage, et les femmes contribuent pour plus de 75% de la production. Dans cette région, comme dans d’autres, l’insécurité alimentaire est une réalité quotidienne et a pour causes les conditions météorologiques/climatiques, les dégradations anthropiques des ressources naturelles, les conflits et les guerres, les rendements bas et les innovations insuffisantes, une gouvernance déficiente, des pratiques agricoles inadaptées et le peu d’attention portée à l’accès que les femmes ont aux ressources.
Mais, le problème est global. Du fait des changements climatiques, environ 30% de la production agricole sera à risque en 2025, y compris aux États-Unis et en Chine. L’agriculture est la plus grosse industrie du monde et de ce fait, a un impact environnemental gigantesque. De plus, les besoins augmentent avec l’accroissement de la population mondiale, de sorte que selon des estimations la production devra augmenter de 70% pour satisfaire aux besoins. Il s’agit d’un grave et complexe problème, puisque la déforestation est causée à 75% à des fins agricoles. Or, une agriculture soutenable peut nourrir la population et contribuer à la croissance et à la réduction de la pauvreté.
L’agriculture ne se réduit pas en effet à son aspect production. Les paysans représentent un tiers de la population mondiale et la moitié des pauvres. Ram Badan Singh, de l’Indian Academy of Agricultural Sciences, a proposé l’objectif « 20/20/20 », soit augmenter la productivité de 20%, diminuer les GES de 20% et diminuer la pauvreté de 20%. Mais pour atteindre ces objectifs, l’approche du bas vers le haut (bottom-up) n’est pas assez rapide. La gouvernance est très importante. L’exemple de l’Afrique sub-saharienne montre qu’une approche régionale donne de bons résultats. Des investissements sont également nécessaires, ainsi que des innovations, comme le développement d’une agriculture résistante au stress hydrique, à la salinité, aux températures et à la déplétion d’azote.
Selon Adrian Fernández Bremauntz, de l’Université métropolitaine de Mexico, deux messages clés devraient être portées à la Conférence Rio+20 : privilégier une approche sociale et globale pour offrir une alimentation, des revenus et un climat approprié à chacun ; investir dans l’agriculture pour un développement économique et un environnement soutenable sur le long terme.
La sécurité alimentaire est intimement liée à la sécurité hydrique. En effet, au-delà de l’accès aux besoins essentiels et sanitaires (2,2 millions de personnes meurent annuellement dans le monde par manque de système sanitaire adapté) et à l’innocuité de l’eau, la sécurité hydrique concerne aussi l’irrigation, les inondations et les sécheresses. L’eau est aussi la source de conflits entre certains pays.
Pour pallier ces problèmes, les participants à cette session ont appelé à une diplomatie spécifiquement dédiée aux problèmes de l’eau. Ils recommandent également de renforcer la gestion de l’eau et sa planification, notamment en développant la recherche et l’innovation, en engageant la participation des diverses parties prenantes, la formation des personnes. L’eau étant aussi une source majeure de risques face aux catastrophes, Kuniyoshi Takeuchi, du ICHARM (International Centre for Water Hazard and Risk Management), préconise des mesures d’adaptation pour se préparer au cas du « pire scénario » et d’investir dans de meilleures infrastructures (électricité, communication, transport).
Mais cette seconde session sur l’eau s’est surtout concentrée sur le dialogue entre les scientifiques et le politique, remarquant qu’une plateforme de discussion entre ces interlocuteurs n’existait pas. Les scientifiques doivent apprendre à fournir aux décideurs les résultats les plus pertinents et à adapter leur discours de façon à ce que ceux-ci soient « parlants » pour le législateur. Les scientifiques doivent aussi communiquer leurs résultats auprès de la société civile et, de ce fait, s’adresser aussi aux médias.
Session sur la sécurité alimentaire
Session sur la sécurité hydrique
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