
Kuniyoshi Takeuchi et Allan Lavell ont rappelé que l'augmentation des catastrophes résultaient pour beaucoup de la gestion du territoire.
Depuis 20 ans, les catastrophes augmentent de fréquence et d’intensité. Cette augmentation résulte en majeure partie d’une plus grande exposition des populations qui s’installent de plus en plus dans des zones potentiellement à risque. La réduction de ces risques doit absolument faire partie intégrante des stratégies de développement durable, une idée qui a été unanimement défendue lors de la première session de jeudi du Forum sur la science, la technologie et l’innovation pour le développement durable.
Les catastrophes prennent la forme d’ouragans, de tempêtes, tsunamis, inondations, sécheresses ou tremblements de terre. La plupart sont d’origine naturelle mais beaucoup voient actuellement leur intensité et leur fréquence s’accroître, principalement du fait de l’installation des populations dans des zones qui les exposent davantage ou qui sont inadéquatement protégées. Comme l’a résumé Kuniyoshi Takeuchi, Directeur de l’International Center for Water Hazard and Risk Management (ICHARM) au Japon, ces désastres sont « façonnés par la société ».
Certaines catastrophes sont aussi amplifiées par les modifications de l’environnement dues à l’impact des activités humaines, par exemple par les changements climatiques. D’autres catastrophes enfin sont purement d’origine anthropique, souvent industrielles, telle que le déversement de produits chimiques ou des fuites de combustible fossile qui menacent la santé humaine ou les moyens de subsistance des populations touchées.
Les coûts associés aux catastrophes représentent globalement 1 300 milliards de dollars américains pour les 20 dernières années. Alors que les pays du Nord ont souvent les moyens financiers de s’en remettre et sont souvent mieux protégés, il en est tout autrement pour les pays en développement. Les conséquences peuvent en effet être désastreuses en termes de vies humaines et d’appauvrissement, notamment pour certains pays du Sud qui ne sont pas préparés et qui ont peu de moyens pour mettre en place des parades efficaces.
Puisque le développement durable vise le bien-être des populations, la prévention des catastrophes doit absolument faire partie de sa planification. Il est par exemple primordial de prévenir les effets dévastateurs de catastrophes comme l’ouragan Katrina, pour lequel les installations étaient insuffisantes pour protéger les populations.
Allan Lavell, du Integrated Research on Disaster Risk (IRDR) au Royaume-Uni, a souligné que notre attention devrait aussi se porter sur les événements moins extrêmes, « petites » catastrophes ou catastrophes « moyennes », qui sont pourtant plus nombreuses et ont donc des impacts très négatifs. Ces événements, répétés, illustrent on ne peut mieux le fait que nos modes de développement et d’aménagement du territoire de sont pas adéquats. Comme l’a si bien formulé Allan Lavell, « puisque l’on ne peut changer la nature, changeons au moins nos façons de faire ».
Les chercheurs doivent faire appel à une approche multidisciplinaire et trouver des technologies de prévention efficaces qui soient aussi financièrement abordables pour les pays pauvres, sinon les gouvernements n’auront pas les ressources pour les implanter. Dans cette optique, Gretchen Kalonji, assistante auprès du Directeur général pour le secteur des sciences de l’UNESCO, a fait ressortir que « les universités devaient innover en recherche et en enseignement pour réduire les risques associés aux catastrophes ».
On manque aussi de données relatives aux dommages, notamment ceux causés par les inondations et les tempêtes de vent. Ces données sont en effet importantes pour convaincre les décideurs, mais encore faut-il que les scientifiques présentent leurs résultats de façon à ce qu’ils se fassent bien comprendre.
Il est donc établi que la prévention des risques associés aux catastrophes est un aspect important du développement durable. Réduire les risques associés aux catastrophes contribuera à diminuer la pauvreté, atténuer les effets des changements climatiques et améliorer l’implantation du développement durable. La communauté scientifique a un grand rôle à jouer dans ce domaine.
Page de la session du Forum
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