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Description des thèmes abordés lors de l’atelier international sur la foresterie communautaire dans un contexte de REDD+

La réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts (REDD) est un élément du plan d’action adopté par les Parties à la convention du climat lors de la conférence de Bali en décembre 2007. La REDD, et maintenant REDD+, constitue un intérêt pour les ONG de conservation et de développement local et également pour les investisseurs privés. Mais qu’en est-il pour les communautés forestières, celles qui dépendent de la forêt et des ressources qui s’y trouvent pour assurer leur subsistance et leur développement ? Elles sont bien souvent considérées comme un vecteur de dégradation. Mais ne pourrait-on pas les considérer plutôt comme des agents de changement et de mise en œuvre ? Un changement vers une utilisation durable des ressources naturelles considérant que leur savoir et leur connaissance du territoire pourraient devenir des atouts majeurs en ce sens.

La foresterie communautaire dans les pays tropicaux est généralement liée à de petites et moyennes entreprises qui pourraient contribuer à la réalisation des objectifs de la REDD+, dans la mesure où elles favorisent la gestion durable et la conservation des forêts. En outre, ces stratégies peuvent améliorer la qualité de vie des personnes dépendantes de la forêt. La création d'un environnement commercial approprié, d’une offre de services aux entreprises et d’un meilleur accès aux services financiers constitue une stratégie économique importante que les pays en voie de développement pourraient adopter afin de promouvoir l'intégration des communautés dans le contexte de REDD+.

En gardant en tête que les stratégies REDD+ peuvent se classer en trois groupes:
1. Réduction de la déforestation
2. Conservation ou maintien des stocks de carbone
3. Activités qui entraînent des effets positifs sur la gestion durable des forêts et la réduction de la dégradation,

il devient important de réfléchir sur la place des communautés forestières dans l’établissement de projets REDD+. Il faudra pour ce faire, considérer différents aspects par exemples la foresterie communautaire comme outil de développement rural, les liens existants ou à définir entre les paliers local, sous-national et national en termes de stratégies, de responsabilités et de partage des coûts et bénéfices, les enjeux de la gouvernance ainsi que la technologie disponible pour réaliser le tout. C’est à cette réflexion que vous convie l’Atelier international sur la foresterie communautaire dans un contexte de REDD+.

Figure 1. Relations entre les blocs de l’atelier

 

Au cours de cet atelier, nous désirons être en mesure de :
• Faire ressortir comment les expériences de foresterie communautaire peuvent contribuer à la démarche d’implantation de la REDD+ (conservation des forêts existantes, afforestation, etc.)
• Promouvoir le partage d´information entre les participants sur le niveau d’implication des communautés locales dans la mise en application des différentes expériences
• Faire ressortir des pistes en vue de la transposition des expériences dans d’autres régions dont les conditions sont similaires
• Partager les expériences des différentes régions en matière de gestion durable des forêts communautaires et de recherche en technologie de pointe


La foresterie communautaire

La foresterie communautaire est le fruit d’initiatives où les collectivités locales jouent un rôle déterminant dans les décisions concernant les forêts qui les environnent. Elle vise à combler les besoins des familles et des collectivités rurales en combustibles et autres matériaux indispensables, à fournir les aliments nécessaires tout en assurant une stabilité à l’environnement pour ne pas compromettre la production vivrière mais vise également à créer des revenus et des emplois dans la collectivité rurale (FAO, 1978). La foresterie communautaire permet de lutter contre la dégradation des ressources forestières parce qu’elle assure l’accès, le droit de propriété et les bénéfices afférents aux communautés locales et qu’elle suppose le renforcement des capacités en matière de gestion forestière au niveau national. À travers la protection de l’environnement et des forêts, elle vise une amélioration durable des conditions de vie des communautés locales.

Pour améliorer le niveau de vie des communautés dépendantes de la forêt, plusieurs défis sont à relever : la protection légale complète et appliquée, des moyens suffisants de contrôle, d’organisation et de planification, des compétences organisationnelles, administratives et techniques ainsi que l’accès au financement. Ces défis appellent un questionnement qui devrait être abordé dans le cadre de l’atelier : quel est l’état des lieux sur l’application de la législation forestière et ses conséquences sur la protection de l’environnement et l’amélioration des conditions de vie des communautés ? Quelles sont les expériences développées, les leçons identifiées et les outils  requis ? Comment pourrait-on partager ces savoirs ? Quelles capacités doivent être renforcées chez les populations de manière générale et chez les leaders de communautés en particulier. Le renforcement des capacités étant un des éléments de succès, quels sont les mécanismes à mettre en place pour y parvenir ? Comment les mécanismes REDD+ peuvent-ils appuyer le financement des projets de développement communautaire ?  Quels sont les liens existants ou les tendances quant aux relations entre l'autorité nationale (chargée de coordonner la stratégie nationale de REDD+) et les communautés forestières organisées ?

La présentation d’expériences de foresterie communautaire devrait faire ressortir certains éléments de réponse, les éléments de succès comme ceux d’échecs ainsi que les opportunités et les défis à relever. Le dialogue qui s’en suivra permettra de partager des leçons et d’en faciliter la transposition vers des expériences de foresterie communautaire à venir.


Rédigé par Nancy Gélinas, Marie-Ève Landry, Marie Nyange Ndambo, Johanne Pelletier, Flor de Maria Robles et Fifanou Vohouhe