Si l'industrie des shales gazifères tend à se développer rapidement, c'est essentiellement pour deux raisons : d'une part, pour des considérations économiques ; d'autre part, s'est ajoutée la mise au point de nouvelles technologies, notamment des méthodes de forage horizontal et de fracturation hydraulique (Cf. graphique ci-dessous de l'IFP Energies nouvelles), qui permettent l’extraction efficace et en grandes quantités du gaz naturel.

Le gaz étant présent de manière diffuse dans une roche très étendue, un forage vertical ne permettrait d'extraire qu'une infime partie. Le moyen le plus efficace, à nos jours, pour maximiser la quantité extraite de gaz est le forage horizontal en suivant la roche-mère productrice. Le forage démarre d'une manière verticale classique, la partie horizontale débute entre 1500 et 3000 m de profondeur. Elle peut mesurer plusieurs milliers de mètres de long, habituellement entre 1000 et 2000 m.
Le principe de la fracturation hydraulique consiste à injecter dans le puits de l'eau sous forte pression, afin de provoquer des fractures artificielles dans la roche. L'eau utilisée est mélangée à du sable et à des additifs chimiques. Les grains de sable qui s’insèrent dans les fractures les empêchent de se refermer ultérieurement quand la pression se relâche; la fissure est ainsi « étayée ». Les additifs chimiques spécifiques sont ajoutés en petites quantités pour améliorer l’efficacité du procédé. Il s'agit de substances réduisant la friction du fluide dans les fractures du puits et de biocides qui préviennent la prolifération bactérienne.
Les données sur les besoins en eau sont très variables d'un bassin à un autre. Toutefois, les études réalisées prévoient un ordre de grandeur allant de 10.000 à 15.000 m3 d'eau nécessaire aux opérations de forage et de fracturation hydraulique d'un puits.
Même si le liquide de fracturation est principalement composé d'eau (90%), il contient également de la silice cristalline (8 à 9,5%) et d'autres additifs chimiques à des teneurs inférieures à 1% (gélifiants, produits anti-friction, antibactériens, etc.). Quand la fracturation a lieu, elle se mélange avec des eaux très salines (saumures) contenues naturellement dans la roche faisant ainsi remonter ces dernières à la surface.
Le 21 septembre 2012, le Centre québécois du droit et de l'environnement (CQDE) et l'association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) ont rendu publique la liste des produits chimiques utilisés par la compagnie talisman Inc. lors des opérations de fracturation hydraulique au Québec entre 2008 et 2010. Ces documents sont désormais disponibles sur les sites internet des deux organismes.
L'eau qui remonte à la surface suite aux opérations de fracturation hydraulique (retour d'eau ou flowback water) contient des substances qui ne sont pas présentes initialement, car le fluide se charge en éléments naturellement présents dans la formation géologique. Ainsi, des teneurs plus élevées en sel, en arsenic, benzène, mercure et matières radioactives sont observées.
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