
Lundi 6 juin 2011, 12h15 - Salle du Conseil (1110-1116), Pavillon Comtois, Université Laval
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La désertification désigne toute dégradation des terres et des sols. Causée à la fois par les activités anthropiques (surpâturage, déboisement, mauvaises pratiques agricoles) et des phénomènes naturels, elle constitue une véritable menace pour l’agriculture, et ce non seulement dans les zones arides des pays en développement où la production agricole pourrait chuter de moitié d’ici 2050, mais également dans certaines régions des pays développés. Ainsi, deux milliards de personnes pourraient être affectées par ce phénomène et ce sont les moyens d’existence de populations parmi les plus pauvres et vulnérables de la planète qui sont menacés par ce fléau.
Malgré ces menaces, la Convention sur la lutte contre la désertification est celle qui a bénéficié de moins d'attention ces dernières années parmi les trois accords internationaux issus du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro, en 1992. De plus, contrairement à ses conventions sœurs, la Convention sur la désertification ne bénéficie pas autant de l’attention de la communauté internationale et ne peut s’appuyer sur une base scientifique telle que l’IPBES* pour la biodiversité et le GIEC* pour les changements climatiques.M. Gnacadja a donc lancé un véritable plaidoyer en faveur de la création d’un panel d’experts sur la dégradation des terres qui agirait en tant qu’autorité scientifique et donnerait ainsi plus de poids à la Convention pour la lutte contre la désertification.
Or, en dépit de son ampleur, le phénomène de désertification n’est pas irréversible. M. Gnacadja a pointé la pratique de l’agroforesterie, la lutte aux inégalités et à la pauvreté, la limitation des migrations forcées et le développement des énergies renouvelables comme des manières directes de lutter contre la désertification. Et parce qu’elle est la plus ratifiée et la seule à comporter des annexes de mise en œuvre qui lient les pays adhérents, la convention sur la lutte contre la désertification constitue certainement le meilleur moyen, aux niveaux tant local qu’international, d’agir de manière concertée pour limiter la désertification et restaurer les terres dégradées.
M. Gnacadja a présenté sa vision du rôle de la science dans la connaissance et la maîtrise des phénomènes de désertification, de la dégradation des sols et des sécheresses récurrentes ainsi que leur interface politique. Ensuite le Secrétaire exécutif a abordé la protection des forêts, puisque la déforestation constitue l’un des plus importants facteurs de désertification et de dégradation des sols. Il a mis l’accent également sur les forêts des régions arides, qui, aujourd’hui, reçoivent moins l’attention des acteurs forestiers mondiaux alors que ces forêts revêtent une importance primordiale pour assurer la résilience des populations et des écosystèmes de ces régions, la protection de leur biodiversité, de même que la lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire.
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