8e colloque étudiant de l'Institut EDS - Meilleure affiche

Pour la première fois dans l’histoire du colloque, un prix pour la meilleure affiche a été décerné cette année. Le vote du public a désigné Mariannick Mercure, étudiante au département de Science politique de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) sous la direction de Laurent Lepage comme récipiendaire de ce prix, pour son affiche  intitulée « Application du concept de développement durable: les défis de la mise en œuvre d’une politique au niveau local (étude de cas) ».

Présentation du projet

Le concept de développement durable s’est d’abord construit au niveau international de manière négociée pour réconcilier environnement, développement social et développement économique selon un modèle de gestion « bottom-up » participatif. Vingt ans après Rio, les différents acteurs locaux se sont réapproprié l’idée, délaissant parfois la coopération pour s’orienter vers une forme de compétition : si la plus-value de l’implication des différents acteurs fait quasi consensus, la concertation qui devrait en découler amène son lot de défis. En effet, le passage entre cette tendance théorique et un changement réel au sein des institutions gouvernementales ne semble pas bien amorcé au Québec alors que les gouvernements utilisent toujours l’ancien modèle de gestion planifiée « top-down ». Afin d’explorer cette problématique, la mise en oeuvre d’une politique de développement durable municipale a été étudiée sous l’angle des relations entre les différents acteurs gravitant autour des enjeux environnementaux.

L’analyse stratégique des organisations (ASO), une approche sociopolitique qualitative, appliquée et inductive, s’inscrit dans le courant de la sociologie des organisations et utilise comme objet les acteurs et leurs organisations afin de comprendre les rouages de la mise en œuvre d’une politique. En effet, les lois et politiques sont des outils formels et une analyse cloisonnée à ce niveau juridique ne permet pas de saisir la réalité de son application de la même manière qu’un organigramme ne permet pas d’expliquer les relations de pouvoir réelles au sein d’une organisation. Afin d’opérationnaliser ce cadre d’analyse, des entretiens semi-directifs ont été effectués avec 15 acteurs clés entrant en relation autour des enjeux environnementaux d’une ville de taille moyenne. Ces informations ont permis de dégager les variables clés de l’ASO (intérêt, ressource, contrainte, stratégie, etc.) et de comprendre comment les acteurs se sont organisés autour des institutions formelles crées en lien au développement durable.

L’application du concept de développement durable soulève d’importants défis et semble même impossible dans le cas étudié. D’abord parce que les acteurs ne partagent pas une conception cohérente et commune de ce concept et défendent des intérêts irréconciliables à première vue. Ensuite parce que les instances de concertation créées pour répondre à cette divergence ne sont pas utilisées à cette fin et que les acteurs se sont plutôt créé toute sorte de stratégies pour éviter la concertation. Finalement, parce que la rationalité profondément technico-admistrative qui domine à la ville est incompatible avec les impératifs participatifs du développement durable.