Cette section vise à répondre aux questions suivantes : quels sont les besoins du Québec en énergie, notamment en gaz naturel (voir ci-dessous le contexte énergétique du Québec) ? Quels seraient les avantages pour la consommation énergétique du Québec d’exploiter les shales gazifères ? Cette filière est-elle compatible avec les objectifs de réduction des gaz à effet de serre ?
Le gaz non-conventionnel apparaît souvent comme une solution pour faire le pont entre un parc énergétique basé sur le charbon et un parc basé uniquement sur les énergies renouvelables, et comme un moyen de stabiliser l'approvisionnement en énergie et d'acquérir une indépendance énergétique. Mais si ces arguments ont une certaine légitimité ailleurs dans le monde (États-Unis, Europe, Asie), qu'en est-il au Québec dont la majorité de l'énergie est d'origine hydraulique ?
Finalement, comment et à quel rythme exploiter durablement cette ressource non renouvelable ? D'autres types d'énergie, en particulier les biogaz, seraient-ils davantage appropriés ?
En plus des orientations du Québec en matière énergétique, la consommation de gaz naturel est une des données importantes permettant d’évaluer la pertinence d’exploiter les shales gazifères.
Au Québec, la consommation annuelle de gaz naturel est d’environ 210 milliards de pi3 (pieds cubes) soit 6 milliards de m3 (mètres cubes)*. Cela représente 13% de l’énergie totale consommée au Québec. Pour le reste, 38% de la consommation énergétique revient au pétrole et 40% à l'électricité. À titre de comparaison, la consommation annuelle du Canada était de 104.8 milliards de m3 à la fin de 2011, soit 3.2% de la consommation mondiale qui a atteint 3222.9 milliards de m3.
Les États-Unis ont consommé 25.1% de la consommation mondiale en 2011. Il est à noter que 12,8% de ce gaz est importé du Canada, 85.8% provenant de la production intérieure. Le Canada a produit 160.5 milliards de m3 en 2011, soit 4.9% de la production mondiale. [BP Statistical Review (2012)].
Au Québec, la totalité du gaz consommé est importé de l’Ouest canadien pour un coût d’importation d’environ 2 milliards de dollars (2007).

Alors que les États-Unis sont depuis 10 ans pleinement versés dans l'exploitation des gaz de schiste, d'autres parties du monde commencent à considérer cette ressource comme une manne, que ce soit en Asie, en Europe ou en Afrique. Dans différents pays, des études sont réalisées afin d'estimer les quantités de méthane emprisonné dans la roche. Des études sont également menées aux États-Unis afin de connaître les réserves mondiales et prédire ainsi l'évolution du prix du gaz naturel. La Chine, l'Afrique du Sud et la Pologne apparaissent ainsi comme des pays disposant de grandes ressources potentielles. Les pays moins pourvus suivent ces études de près pour établir d'éventuels partenariats qui permettront d'assurer la stabilité et la sécurité de leurs approvisionnements.
Concernant l'Europe, un rapport du Parlement européen (« Incidences de l’extraction de gaz de schiste et de pétrole de schistes bitumineux sur l’environnement et la santé humaine ») conclut qu'une production de gaz à partir de shales gazifères, même intensive, ne pourrait freiner de façon significative la diminution globale de production de gaz par l'Union européenne ainsi que sa dépendance aux importations.
Concernant les aspects énergétiques, voir également les prévisions de l'impact de cette filière en terme d'émissions de GES dans la section "rejets dans l'atmosphère" >>
La consommation est exprimée en tep (tonnes d'équivalents pétrole). Les courbes sont superposées pour montrer le total d'énergie consommée.
Base de données complète sur la consommation d'énergie au Canada de 1990 à 2009 (Ressources naturelles Canada)
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