Terminologie

1.    Shales gazifères

D’un point de vue géologique, technique et scientifique, le terme gaz de schiste n'est pas adapté et est imprécis. Il faut plutôt parler de shales gazifères ou méthaniers. Tout d’abord, le gaz contenu dans ces roches est du gaz naturel tout à fait ordinaire (essentiellement du méthane, de formule chimique CH4). En effet, la roche-mère de presque tous les hydrocarbures, liquides ou gazeux, est un shale riche en matière organique. Dans  certains cas, les hydrocarbures gazeux s’accumulent dans des réservoirs parfois situés à bonne distance de la roche-mère. Ces réservoirs sont dits « conventionnels » parce que c’est le type de réservoir exploité depuis plus d’un siècle. Dans le cas des shales gazifères, qui font partie des gaz dits « non conventionnels », le gaz est resté piégé dans une roche-mère très peu perméable, qui empêchait le gaz de migrer à l’extérieur.

Un shale est une roche sédimentaire finement grenue. Au Québec, les géologues utilisent le terme shale pour désigner les roches sédimentaires par opposition au schiste qui est une roche métamorphique, qui peut être dérivée du métamorphisme d’une roche sédimentaire ou magmatique. Selon le Dictionnaire de géologie de Foucault et Raoult (Masson) un « schiste » est  « (1) au sens large (qu'il vaut mieux éviter), toute roche susceptible de se débiter en feuillet. ». Le Dictionnaire de géologie recommande d’ajouter le qualificatif « argileux » pour désigner la roche sédimentaire si on utilise le mot schiste. L’utilisation du terme shale vise donc à éviter la confusion entre les roches sédimentaires et les roches métamorphiques. Si le mot shale est emprunté de l’anglais, le mot schiste, lui, est dérivé du grec.

On notera cependant que le Grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française (OQLF) déconseille l’utilisation du terme shale et recommande schiste ou schiste argileux pour désigner  ce type de roche. Cette définition entraîne une confusion car elle utilise le même nom pour des roches d’origines très différentes (sédimentaires et métamorphiques) et elle n’est pas conforme à la définition scientifique utilisée par les géologues au Québec. Le Grand dictionnaire terminologique de l’OLF entretient la confusion en définissant, par exemple, un schiste à cuivre comme étant un shale. Notons également que le Grand dictionnaire traduit schiste gazifère par gas schist et schiste gazéifère par gas shale.

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2.    Estimation des ressources

L'information concernant le potentiel gazier est rapportée de différentes manières. Concernant les shales gazifères, trois mesures sont souvent avancées :

  • Le gaz en place (Gaz In Place, GIP) est la quantité de gaz que recèle un bassin en particulier ;
  • La ressource techniquement récupérable (Technically Recoverable Resources, TRR) est la quantité qui peut être extraite avec les techniques actuelles ;
  • La récupération finale estimée (Estimated Ultimate Recovery, EUR) est la quantité de gaz moyenne espérée d'un puits.

Afin d'estimer les réserves, l'industrie a souvent recours aux courbes de déclin. Ces courbes illustrent les flux de gaz d'un puits en fonction du temps ou de la déplétion du réservoir. Une extrapolation permet d'avoir un estimé de la quantité de gaz produite par le puits avant l'épuisement des réserves.