Le laboratoire vivant des Petites Franciscaines de Marie

Ce projet de recherche, en déploiement depuis le mois de septembre 2020, repose sur l’aménagement d’un jardin collectif et pédagogique au cœur de la ville de Baie-Saint-Paul dans la région de Charlevoix. Le projet porte le nom de « Laboratoire vivant des Petites Franciscaines de Marie », en référence à la communauté religieuse du même nom, établie dans la région depuis 125 ans.

Les communautés religieuses ont joué un rôle majeur dans de nombreuses régions, villes et localités au Québec, où elles ont contribué, de manière directe, à l’édification des écoles, des hôpitaux et des centres d’accueil. Marqué par une volonté de valoriser les personnes à travers les pratiques d’enseignement, les soins de santé et l’assistance sociale, de même qu’à travers la pratique du travail manuel, ce patrimoine constitue une philosophie d’action et d’engagement collectifs qui est toujours vivante, présente et agissante en société.

Le projet de Laboratoire vivant des Petites Franciscaines de Marie vise à mettre en valeur et à étudier un trait caractéristique du patrimoine social des Petites Franciscaines de Marie soit l’esprit de travail aux fins de la valorisation de la personne et du développement de la collectivité. Pour ce faire, ce projet entend étudier les processus à partir desquels la communauté locale et régionale est susceptible de développer des liens sociaux et, à l’échelle individuelle, un sentiment de valorisation personnelle par le travail de la terre. Jusqu’à peu, les Petites Franciscaines de Marie possédaient une grande ferme urbaine. Elles y faisaient travailler les patients de l’hôpital Sainte-Anne pour les amener à se valoriser, à développer des liens sociaux et, ainsi, à contribuer à leur réinsertion sociale, d’où le lien entre la communauté religieuse, l’agriculture urbaine et la pratique du travail comme outil de valorisation.

Le laboratoire vivant s’articulera autour d’un double projet de jardins collectif et pédagogique. Le volet collectif se fondera sur la participation d’associations locales et régionales et de citoyens à l’échelle individuelle. Il poursuivra des objectifs d’agriculture nourricière (sur un mode collectif) et de création de liens sociaux entre les divers groupes qui y prendront part (ex. : transmission de savoirs entre aînés et jeunes). Quant au volet pédagogique, il s’adressera aux jeunes des écoles primaires et visera essentiellement un aspect d’éducation à l’agriculture de proximité, à l’environnement et au développement durable. Il est envisagé que les deux volets du projet soient menés en régie biologique, pour accroître leur portée pratique à l’égard de la lutte contre les changements climatiques.

Objectifs de recherche

  • Étudier les modalités de transmission et d'appropriation du patrimoine social d'une communauté religieuse à l'échelle de la collectivité.
  • Étudier les formes que peuvent prendre la valorisation personnelle et la création de liens sociaux par la pratique de l'agriculture collective.
  • Identifier de quelles façons la pratique de l'agriculture urbaine est susceptible de contribuer aux démarches d'éducation à l'environnement et au développement durable.
  • Identifier les leviers dont dispose une collectivité afin d'atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) à travers la pratique de l'agriculture urbaine et l'appropriation du patrimoine.

Retombées concrètes pour le milieu

En plus des nombreuses retombées scientifiques attendues, la mobilisation de nombreux partenaires locaux autour du laboratoire vivant apportera des retombées significatives dans la communauté de Baie-Saint-Paul telles que :

  • Assurer la pérennité du patrimoine des Petites Franciscaines de Marie;
  • Favoriser la synergie entre les divers acteurs et les générations du territoire;
  • Lutter contre l’isolement des personnes vulnérables et favoriser un milieu de vie stimulant;
  • Encourager les liens intergénérationnels et la transmission des savoirs et des savoir-faire liés à l’agriculture;
  • Miser sur une agriculture nourricière et la création de liens sociaux entre les acteurs locaux;
  • Éduquer et sensibiliser les jeunes à l’agriculture urbaine, à l’environnement et au développement durable;
  • Développer des activités et des formations en lien avec le jardinage et la mise en valeur de l’art et la culture;
  • Renforcer l’autosuffisance alimentaire grâce à un accès économique et physique aux aliments;
  • Contribuer à un système alimentaire sain, durable et équitable.

Partenaires

La ramification de nombreux partenaires du milieu autour du projet de laboratoire vivant permet d’assurer l’atteinte de ses objectifs, mais également la réalisation d’objectifs communs, collectifs et régionaux. De nombreux partenaires locaux ont déjà été abordés, ou seront sollicités dans les mois à venir, pour collaborer au projet et assurer l’atteinte de ses objectifs. Quatre partenariats principaux sont déjà confirmés : la communauté religieuse des Petites Franciscaines de Marie, l’organisme Maison Mère, la Ville de Baie-Saint-Paul et la Corporation de la Réserve de la biosphère de Charlevoix.

La précieuse collaboration des organismes Les Urbainculteurs et Craque Bitume est à souligner. Leur expertise professionnelle en jardinage écologique et en agriculture urbaine permettra de concevoir un aménagement comestible adapté aux différents besoins du laboratoire vivant et des partenaires du milieu, et ce, dans le respect de l’esprit des lieux.

L’équipe de recherche du laboratoire vivant remercie le Centre interdisciplinaire de recherche en opérationnalisation du développement durable (CIRODD) pour son aide financière accordée dans le cadre du Programme EXPLORATION.

 

            

Des questions?

Pour de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec Julie Nadeau, professionnelle de recherche à l’Institut EDS, à l’adresse suivante : julie.nadeau@ihqeds.ulaval.ca